À Besançon, le prix d’une pièce dépend moins de l’endroit où vous entrez que du moment où vous y entrez. Le stock d’une friperie suit un cycle : grands tris de printemps, déstockages de fin de saison, rentrée, fêtes, et un roulement hebdomadaire entre les deux. Un chineur qui sait quand venir paie moins cher qu’un chineur qui sait seulement où aller. En solidaire, comptez 3 à 15 € la pièce ; au kilo, 15 à 30 € le kilo ; en vintage sélectif, 15 à 60 € ; en dépôt-vente, 20 à 80 €. La seconde main pèse 10,9 % des achats d’habillement en valeur en France (Institut Français de la Mode, 2025). Voici le calendrier, les structures à viser et les zones où chercher.
Pourquoi le stock d’une friperie bouge par vagues
Une friperie ne produit rien. Elle reçoit. Sa marchandise arrive par trois canaux : la collecte des bornes et des points d’apport, les dépôts de particuliers qui vident un placard, et les invendus cédés par des professionnels. Ces trois flux ne se comportent pas de la même façon dans l’année.
La collecte suit les déménagements et les grands rangements, donc le calendrier scolaire et les changements de saison. Les dépôts de particuliers explosent quand le temps change : on sort les manteaux, on découvre que la parka est trop petite. Les invendus professionnels, eux, arrivent en bloc après les soldes et les fins de collections.
Résultat : les bacs ne se remplissent pas régulièrement. Ils se remplissent par poussées, suivies de périodes creuses où le rayon ne bouge presque plus. D’où vient l’essentiel de ce volume ? De la collecte nationale, avec 289 000 tonnes de textiles collectées, dont 56,8 % orientées vers la seconde main (Refashion, 2024). Ce flux constant explique pourquoi les structures solidaires et le kilo tiennent des prix bas toute l’année, alors que le sélectif varie beaucoup plus.
Le calendrier du chineur à Besançon
| Période | Ce qui arrive en rayon | Structure à viser | Niveau de prix |
|---|---|---|---|
| Janvier et février | Manteaux, pulls, bottes, après les vœux et les rangements d’hiver | Solidaire, kilo | Bas à moyen |
| Avril à juin | Vestes légères, robes, chemises, sortie d’hiver et grand tri de printemps | Toutes, surtout kilo et vide-dressings | Bas |
| Juillet et août | Robes d’été, maillots, sandales, stocks délaissés | Solidaire, déstockage | Le plus bas de l’année |
| Septembre et octobre | Pulls, jeans, vestes, retour des étudiants et rangements de rentrée | Dépôt-vente, sélectif | Moyen |
| Novembre et décembre | Pièces chaudes, occasionnels peu portés, déstockages de fin de saison | Sélectif, dépôt-vente | Haut, sauf fins de série |
| Après les fêtes | Retours de cadeaux, invendus, fins de séries | Dépôt-vente, déstockage | Moyen à bas |
Trois lectures de ce tableau. Le creux de fin d’été et le grand tri de printemps donnent les prix les plus doux. La rentrée est la meilleure période pour la qualité, parce que les dépôts de particuliers arrivent en nombre. Novembre et décembre sont les mois les plus chers : la demande est là, l’offre chaude aussi. Les montants restent des ordres de grandeur constatés, jamais des tarifs affichés.
Quel type de friperie pour quel budget
Quatre familles se partagent la ville, et chacune a son rythme.
Le solidaire et l’associatif restent les plus accessibles, de 3 à 15 € la pièce. Arrivages réguliers, vêtements courants, aucune sélection. C’est là qu’un petit budget repart avec deux ou trois pièces sans se poser de question.
Le kilo et le déstockage se paient au poids, de 15 à 30 € le kilo. Le prix affiché ne dit rien de la valeur réelle : une pièce lourde en laine coûte cher au kilo alors qu’elle vaut le coup, un tee-shirt léger pèse presque rien. Pesez mentalement avant de valider.
Le vintage sélectif vend à la pièce, de 15 à 60 €. Les volumes sont faibles, les pièces choisies, parfois retouchées. C’est le format qui suit le plus fidèlement les saisons : ses prix montent en novembre et redescendent au printemps.
Le dépôt-vente occupe le milieu de gamme, de 20 à 80 € la pièce. Le vendeur y fixe son prix, la structure prend une commission. Visitez-le en septembre et octobre, quand les dépôts d’automne arrivent.
Où chercher dans la ville
Deux logiques suffisent. D’un côté, le centre ancien et le centre élargi concentrent les structures sélectives et les dépôts-ventes : peu de volume, des pièces choisies, des prix tenus. De l’autre, les quartiers résidentiels et la périphérie abritent les permanences associatives, le déstockage et la vente au kilo : du volume, des bacs à trier, des prix bas et beaucoup de hasard. Les abords des axes de passage et des gares vivent du roulement, avec des arrivages plus fréquents qu’ailleurs.
Le bon réflexe n’est pas de courir toute la ville dans la même journée. Choisissez une zone selon le format visé, puis une deuxième seulement si la première a déçu. Notre guide des friperies autour de vous explique comment monter votre propre liste de structures sans dépendre d’un annuaire qui périme.
Et en ligne depuis Besançon ?
En ligne, le calendrier change de forme. Les déstockages y sont permanents, les fins de séries restent accessibles des mois, et les retours remettent des pièces dans le circuit à tout moment. Vous ne dépendez plus d’un arrivage local.
En échange, vous perdez deux choses : le toucher du tissu et l’essayage. Vous achetez sur photo, avec les approximations que cela suppose sur la coupe et la matière. Ajoutez les frais de port au prix réel, et gardez en tête qu’un retour annule souvent la bonne affaire. Le détail est dans notre guide de la friperie en ligne, du paiement à la protection des achats.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur moment de l’année pour chiner à Besançon ? Deux fenêtres se détachent : le grand tri de printemps, d’avril à juin, et la fin d’été, en juillet et août. Les prix y sont les plus bas de l’année. Pour la qualité plus que le prix, visez septembre et octobre, quand les dépôts de particuliers arrivent en nombre.
Faut-il y aller en semaine ou le week-end ? En semaine, sauf le lendemain d’un arrivage. Le samedi concentre la foule et les bacs sont retournés dès l’ouverture. Si vous ne pouvez venir qu’en fin de semaine, visez l’ouverture plutôt que l’après-midi.
Les prix baissent-ils en fin de saison ? Oui, dans les structures qui écoulent un stock saisonnier : déstockage, kilo, fins de séries en dépôt-vente. Les permanences associatives et le vintage sélectif bougent peu. Le bon indicateur reste la date d’arrivée de la pièce en rayon, pas la date du calendrier.
Où déposer ses propres vêtements ? Les dépôts-ventes prennent des pièces en bon état et les revendent pour votre compte, avec des conditions variables : commission, durée de dépôt, tri des invendus. Les associations récupèrent le reste pour le redistribuer. Notre article sur où donner ou déposer ses vêtements détaille les filières possibles.
Ce que vous avez maintenant en main
Vous savez que le stock d’une friperie à Besançon ne se renouvelle pas au hasard : il suit les grands tris, les déstockages et les rangements de saison, avec un roulement plus fin entre les deux. Vous avez le calendrier, les quatre familles de structures et leurs fourchettes, et de quoi choisir votre zone selon ce que vous cherchez réellement. Une dernière chose, plus large : allonger la durée d’usage des vêtements reste le premier levier pour réduire l’impact du textile (ADEME, 2023). Acheter d’occasion au bon moment fait donc partie de la solution. Et pour élargir votre terrain au-delà de la ville, le guide de la friperie en ligne prend la suite.











