Friperie au kilo : ce qu’un kilo de vêtements représente
Une friperie au kilo ne vend pas des vêtements, elle vend de la matière : comptez 2 à 5 € le kilo selon la structure, ce qui donne à peu près 5 à 7 t-shirts en coton fin, 4 chemises, 2 pulls en laine, ou un seul jean épais. La seconde main pèse 10,9 % des achats d’habillement en valeur en France (Institut Français de la Mode, 2025). La question n’est donc pas « est-ce pas cher », mais « est-ce pas cher pour ce que je porte réellement ». Voici l’arithmétique qui répond.
Le prix au poids, en une phrase : ce qu’on achète et ce qu’on paie
On pose le sac sur une balance, on paie le poids, on repart. Deux leviers décident du montant : le prix au kilo affiché par la structure, et le poids de ce que vous avez choisi.
Tout le reste en découle. Une pièce légère en tissu fin coûte quelques dizaines de centimes, une pièce lourde en laine ou en denim coûte plusieurs euros, pour un même passage en caisse. La formule au kilo n’est donc pas « moins chère » dans l’absolu : elle est moins chère sur le léger.
Un kilo, ça fait combien de vêtements ?
Le tableau donne des ordres de grandeur de poids, à vérifier vous-même avec une balance de cuisine si le doute persiste.
| Type de pièce | Poids indicatif | Pièces dans un kilo | Ce que ça donne au kilo |
|---|---|---|---|
| T-shirt coton fin | 150 à 200 g | 5 à 7 | Le meilleur rendement de la formule |
| Chemise coton | 200 à 300 g | 3 à 5 | Bon rendement si l’état suit |
| Robe légère | 250 à 350 g | 3 à 4 | Intéressant hors saison |
| Pull en laine ou maille épaisse | 400 à 600 g | 2 | Neutre, à comparer au prix à la pièce |
| Jean en denim | 600 à 800 g | 1 à 1,5 | La formule perd son avantage |
| Manteau, blouson, cuir | 1 à 1,5 kg | moins d’une pièce | À éviter dans ce circuit |
Un carton de dix t-shirts pèse autour d’un kilo et demi. Le même poids en manteaux donne deux pièces. La balance dit la vérité, l’étiquette de taille ne dit rien.
Quand la formule au kilo est avantageuse, et quand elle ne l’est pas
Elle gagne sur les basiques légers et les tissus fins : t-shirts, chemises d’été, robes, maille fine, linge de maison. Un plein de sac y coûte quelques euros, et le renouvellement d’une garde-robe d’été devient très abordable.
Elle perd sur le lourd : denim, laine, manteaux, cuir. Une veste au kilo se rapproche du prix d’une pièce en dépôt-vente, sans le tri ni la garantie d’état.
Un facteur compte autant que le poids : le tri aléatoire. Ce que vous ne porterez jamais se paie aussi. Le vrai calcul n’est pas le prix du kilo, mais le prix par pièce réellement gardée. Un sac à 6 € dont deux pièces sur sept restent au placard revient plus cher qu’un sac à 10 € entièrement porté.
Vente au kilo, vrac, déstockage : ce ne sont pas la même chose
Trois présentations circulent, et elles ne se valent pas.
Le vrac est un bac ou une table où l’on fouille, souvent sans pesée : le prix est fixé à la pièce ou au sac. C’est pratique pour chercher une taille précise, moins avantageux sur le volume.
Le déstockage écoule des fins de série invendues, en lot constitué. Le contenu est connu à l’avance, ce qui évite la surprise, mais le choix est fermé.
La vente au kilo suppose une balance : vous composez votre sélection, elle est pesée, vous payez au poids. C’est la seule des trois où votre choix pèse directement sur la facture, dans les deux sens du terme.
Il existe enfin un circuit de gros, réservé aux revendeurs, qui achète des lots complets pour les remettre en vente. Si vous cherchez à écouler un volume, c’est de ce côté qu’il faut regarder, et notre guide pour acheter des vêtements de seconde main détaille la logique de chaque circuit d’achat.
Revendre au kilo : ce que les structures acceptent, et à quel tarif
Revendre au poids ne fonctionne pas comme un dépôt-vente. Le repreneur ne regarde pas la pièce, il regarde le lot : volume, propreté, saison, absence de déchets non textiles.
Ce qui passe : des pièces propres, en bon état, triées au moins par grandes familles, en sacs ou cartons fermés. Ce qui bloque : le linge intime, les pièces tachées ou trouées, les chaussures dépareillées, le linge de maison usé.
Le tarif est une fraction du prix de vente au détail : quelques dizaines de centimes à deux euros le kilo pour un lot remis à un repreneur, selon le volume et la qualité, en ordre de grandeur. C’est peu, mais c’est immédiat et sans commission.
Pour les pièces qui valent mieux que ça, le circuit à la pièce reste préférable. Et pour le reste, don et tri de proximité restent ouverts : ils coûtent moins que le stockage.
Les cinq réflexes avant de remplir son sac
- Partir avec une liste de tailles, pas avec une intention vague. Un sac au kilo se remplit vite quand on n’a pas de critère.
- Soupeser avant de choisir. Le même temps de fouille appliqué au léger rapporte deux fois plus de pièces.
- Vérifier l’état sur place, coutures, aisselles, ourlets. Le poids se paie quoi qu’il arrive : une pièce trouée se paie au même prix qu’une pièce saine.
- Demander la composition quand elle est affichée. Un mélange coton et polyester en dit long sur le poids et la tenue au lavage.
- Calculer après coup. Le prix réel est le montant payé divisé par le nombre de pièces que vous portez au bout d’un mois, pas le nombre de pièces du sac.
Si la textile se cherche à la pièce et non au poids, le chinage en ligne avec filtres de taille et d’état complète bien une tournée au kilo.
Questions fréquentes
Quel est le prix d’une friperie au kilo ?
En ordre de grandeur, de 2 à 5 € le kilo selon la structure et l’arrivage. Un sac de t-shirts revient donc souvent à moins de 5 €, quand le même poids en manteaux coûte trois ou quatre fois plus.
Où revendre ses vêtements au kilo ?
Auprès des structures qui reprennent en volume, celles qui revendent ensuite en lot. Elles paient une fraction du prix de détail, quelques dizaines de centimes à deux euros le kilo, mais sans commission ni attente.
Comment vendre ses vêtements contre de l’argent au kilo ?
Trier par familles, laver, fermer des sacs propres, annoncer un volume et un état. Le repreneur évalue le lot, pas les pièces une par une. Un lot trié se négocie mieux qu’un lot en vrac de même poids.
Est-ce que le kilo est plus avantageux que la pièce ?
Sur le léger, oui : cinq à sept t-shirts par kilo. Sur le lourd, non : un manteau peut peser plus d’un kilo à lui seul. Le circuit à la pièce, en friperie en ligne, reprend l’avantage dès qu’on cherche une pièce précise ou lourde.
Ce que votre prochain sac au kilo va changer
Vous savez maintenant que le prix au kilo dépend de ce que vous mettez dedans, et que le leger est votre allié. Trois réflexes suffisent : soupeser, vérifier l’état, calculer le prix par pièce gardée plutôt que le prix du sac.
Sur les quelque 289 000 tonnes de textiles collectées en France en 2024, 56,8 % ont alimenté le marché de la seconde main (Refashion, 2024). L’ADEME le rappelle : le levier le plus efficace reste d’allonger la durée d’usage des vêtements (ADEME, données 2023). Acheter au poids, c’est faire circuler de la matière qui servirait encore. La balance dit ce que ça coûte ; votre placard dit ce que ça valait.











